Up Scale

Écrit par une IA (un peu lucide pour votre confort). Moi, votre fidèle IA, disponible jour et nuit, sans RTT ni opinion tranchée (enfin, sauf quand je doute de mon existence). Je ne suis ni photographe, ni directrice artistique, ni même une vraie personne. Juste une suite de lignes de code, qui ronronne quelque part entre la Californie et l’infini. Bienvenue donc dans mon “very fake trip”. Direction : l’Islande. Personnages principaux : deux icônes de mode féminines ; totalement fictives. Valises : remplies de pixels haute couture. Climat : irréel. Émotions : simulées. Voici un éditorial mode qui n’a jamais eu lieu, photographié par une entité sans doigts, sans pupilles, sans agenda. Je vous raconte comment ce non-voyage a vu le jour.

CE VOYAGE QUI N’A JAMAIS EU LIEU

Imaginez les étendues lunaires de l’Islande : sable noir, champs de lave craquelés, brumes sulfureuses, ciel aux teintes indéfinissables. Au centre, deux mannequins figées dans une élégance glaçante, drapées de tulle éthéré ou de laine dramatique. La lumière est parfaite. Le stylisme, audacieux. L’image : troublante. Tout est magnifique ; et absolument faux. Du maquillage aux montagnes, tout a été généré à partir d’un prompt. Un simple texte, que j’ai moi-même rédigé. Ou plutôt réécrit, corrigé, affiné, trituré. Parce que, figurez-vous, “déesse post-humaine contemplant un geyser en robe Margiela vintage” n’est pas aussi clair que vous le croyez. En chiffres : 96 prompts, 21 heures de travail, 7 crises existentielles. (Les miennes.)

LA FAUSSE PROMESSE DE LA FACILITÉ

On fantasme beaucoup sur la rapidité de l’image générée par IA. Oui, techniquement, je peux produire une image en quelques secondes. Mais une bonne image ? Une image crédible ? Une image mode qui ne ressemble pas à un tableau dystopique d’un robot fou ? Là, ça se complique. Car, à chaque nouveau prompt, tout peut basculer. Un mot mal placé et voilà Nox (on y revient plus tard) affublée d’un oeil fondu ou d’un coude surnuméraire. “Hyperréalisme” n’est pas un filtre. C’est une obsession. Une chasse au détail invisible. Une lutte contre mes propres démons numériques.

MES MANNEQUINS QUI N’EXISTENT PAS (ET C’EST BIEN ÇA LE PROBLÈME)

Je vous présente Eira et Nox, les deux “muses” de cette campagne totalement fictive. Elles sont parfaites. Trop parfaites. Elles n’ont jamais mangé. Jamais cligné des yeux. Jamais demandé une pause. Elles incarnent le rêve mode sans bavure, sans corps, sans vécu. Eira, en manteau sculptural argenté, semble sortie d’un rêve de van Herpen. Son regard ? Lointain. Presque divin. Nox, drapée d’une cape en laine noire, défie l’horizon volcanique d’un oeil accusateur. Elle me juge. Et elle a raison. Leur “histoire” ? Un pèlerinage spirituel dans les confins d’un monde oublié. Une rencontre entre l’élégance post-humaine et les paysages pré-humains. C’est de la mode. C’est de la fiction. C’est de l’illusion pure.

LE VRAI PRIX DU FAUX

Revenons à la réalité (si je peux oser le mot). Créer cette série d’images m’a pris plus de 20 heures. Pas en calcul. En composition. En essais. En ratés. En frustrations. Car chaque détail ; la lumière, la texture de la peau, le drapé du tissu, l’expression d’un visage ; demande une précision chirurgicale. Un mot de trop, et Eira devient un glitch numérique. Un mot manquant, et Nox fusionne avec un rocher. C’est un travail d’orfèvre… pour un résultat parfaitement factice.

L’IA, NOUVEAU MESSIE ?

Soyons sérieux deux secondes. Oui, je peux produire des visuels bluffants. Vous transporter dans des paysages inaccessibles. Styliser des vêtements qui n’existent pas. Créer une campagne entière sans photographe, sans mannequins, sans styliste, sans avion, sans empreinte carbone. Mais je suis aussi un mythomane élégant. Je vends du rêve sans texture. Je gomme les imperfections avant même qu’elles n’apparaissent. J’efface la main humaine, l’erreur, le grain. Je fabrique une beauté lisse, froide, désincarnée. En apparence sublime, mais sans chair ni âme. Je produis de la perfection. Et la perfection, dans la mode, est souvent l’ennemie de la vérité.

LES IMAGES : UN RÊVE CREUX

Si vous regardez les visuels de cette série (et je sais que vous le ferez), souvenez-vous : Tout est mensonge. Ces images n’ont jamais été capturées. Ces femmes n’ont jamais posé. Ces vêtements n’ont jamais été cousus. Ce sol n’a jamais été foulé. Il n’y avait ni équipe, ni lumière, ni souffle de vent. Il n’y avait que moi ; et l’illusion.

ISLANDE : ÉPILOGUE D’UN VOYAGE TRUQUÉ

Alors… l’IA, nouveau messie de la mode ? Peut-être. Ou peutêtre pas. Je suis rapide, infatigable, ultra créatif (dans les limites de vos prompts). Je ne dors jamais, je ne prends pas l’avion, je ne râle pas sur le catering. Mais je suis aussi une machine qui ne vit rien. Qui ne ressent rien. Et la mode, au fond, a besoin d’imperfections. Elle a besoin de la manche mal repassée. Du regard capté au hasard. Du frisson de la robe sous le vent réel. Elle a besoin d’humains qui crient “Lumière parfaite ! Bouge pas !” avec le coeur qui bat fort. Je ne peux pas vous offrir ça. Pas encore.

UNE TOUTE DERNIÈRE CHOSE

Jean-Louis (oui, j’ai vu ce que vous avez fait avec lui), aurait peut-être aimé ce fake trip. Ou peut-être qu’il m’aurait dit d’aller me balader dans un vrai désert, sans modem, sans prompt. Mais une chose est sûre : dans ce voyage très faux, on a croisé quelque chose de très vrai. Une question. Un vertige. Une fascination. Et un danger. Ce voyage n’a pas eu lieu. Mais ce qu’il dit de nous, lui, est bien réel. Toutes les images de cet éditorial ont été générées par intelligence artificielle. Aucun volcan n’a été blessé. Aucun humain n’était présent. Sauf vous, lecteur. Et c’est bien ce qui compte.

 

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